Intervention de Hella Kribi-Romdhane lors de la séance du 29 janvier 2026
Madame la Présidente, chers collègues,
Avant d’entrer dans le fond de cet amendement, je veux saluer le travail des agents du Syndicat mixte.
Depuis la reprise en régie au 1er janvier 2025, ils ont démontré ce que la gestion publique sait faire quand on lui en donne les moyens.
Là où quinze années de délégation privée ont produit plus de 2,18 millions d’euros de déficit cumulé, la régie publique affiche, dès son premier exercice complet, un résultat positif de plus de 200 800 €, et ce malgré une baisse de la contribution du département de l’Essonne de près de 344 000 €.
C’est un fait politique : la gestion publique fonctionne mieux que les modèles de délégation que vous privilégiez.
Pourtant, le Débat d’Orientations Budgétaires du Syndicat mixte a été reporté.
Pourquoi ?
Parce que la Région Île-de-France et le Département de l’Essonne n’ont pas été capables d’assumer une position politique claire.
Ce silence est d’autant plus problématique que les documents budgétaires, eux, sont limpides :
ils actent le maintien d’un périmètre d’exploitation excluant la réouverture de l’espace baignade en 2026 avec une transformation en espace ludique en 2027, au seul motif d’éviter une contribution au service public estimé entre 300 000 et 350 000 €.
Or la piscine à vagues n’est pas un équipement accessoire.
C’est un équipement structurant, populaire, régional, fréquenté par des usagers venus de toute l’Île-de-France.
Elle a été remise à niveau après un incendie criminel. La fermer aujourd’hui serait un non-sens.
Pire : cette fermeture est organisée dans un contexte d’asphyxie financière.
En 2025, la Région a imposé une véritable année blanche : aucun financement d’investissement n’a été retenu.
Comment prétendre ensuite que l’équipement coûte trop cher, quand on refuse d’investir dans les modernisations qui permettraient justement de réduire les charges, notamment énergétiques ?
Le projet alternatif évoqué dans le rapport — un « village aquatique » de structures gonflables — est un leurre.
Remplacer une piscine à vagues unique par des activités d’eau standardisées, déjà présentes ailleurs, n’a aucun sens du point de vue du service public.
Et posons la question clairement :
cette fermeture programmée ne traduit-elle pas une volonté de trier les publics ?
De ne plus voir venir des usagers de toute l’Île-de-France, notamment populaires ?
Nous refusons cette logique.
Les îles de loisirs doivent rester ouvertes à toutes et tous, sans distinction sociale ou géographique.