Communiqué de presse – Mirapolis : un projet anachronique au détriment du territoire et du climat

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25 août 2026

6 milliards d’euros pour un parc d’attractions en plein cœur du Val-d’Oise : à l’heure du dérèglement climatique et de la saturation des infrastructures franciliennes, le projet annoncé sur le site de Mirapolis pose de sérieuses questions démocratiques, écologiques et sociales.

Après un été marqué une nouvelle fois par des épisodes de chaleur extrême, Valérie Pécresse se réjouit de l’arrivée d’un projet touristique présenté comme historique. Pour les élu·es écologistes, c’est au contraire une fuite en avant : comment peut-on encore concevoir l’aménagement d’un territoire autour du tourisme de masse, de l’artificialisation des sols et de la multiplication des flux, alors que nous savons que nos modèles de développement doivent profondément changer ? 

6 milliards d’euros pour quoi, et pour qui ?

Le premier sujet est celui du sens même de cet investissement. La nécessité d’un nouveau parc d’attractions géant en Île-de-France est à questionner pour un équipement dont le modèle repose sur une fréquentation massive et une consommation toujours plus importante de foncier et de ressources.

De plus, la provenance des fonds doit également être regardée avec attention. Ce projet serait porté par des investissements saoudiens, provenant d’un État qui n’est pas une démocratie et dont le mauvais bilan en matière de droits humains est largement documenté.

Plus inquiétant encore, les collectivités et les élu·es locaux semblent avoir été largement tenus à l’écart des discussions, tandis que la décision semble venir directement de l’Élysée. Un projet de cette ampleur ne peut pas être imposé d’en haut sans débat public, sans concertation avec les habitant·es et sans associer pleinement les collectivités concernées.

200 hectares : quelle place pour la nature et l’agriculture ?

Le projet annoncé ne serait pas une simple renaissance de Mirapolis. L’ancien parc occupait environ 30 hectares ; le nouveau projet pourrait s’étendre sur près de 200 hectares. C’est donc une transformation radicale du territoire qui se profile, avec une artificialisation massive des sols et une pression foncière considérable.

Ces terres pourraient pourtant répondre à d’autres besoins. Dans le cadre du Projet Alimentaire Territorial, elles pourraient notamment contribuer à l’installation de plusieurs dizaines de maraîcher·ères. Ce projet met en péril l’autonomie alimentaire, la préservation des terres agricoles et exerce une pression supplémentaire sur le Parc naturel régional du Vexin français.

Il existe pourtant une autre manière de penser le tourisme et les loisirs. La forêt de Fontainebleau accueille chaque année des millions de visiteur·es et constitue un patrimoine naturel, sportif et touristique majeur, sans nécessiter la construction d’un gigantesque complexe artificialisé. Plutôt que de concentrer toujours davantage les investissements dans des équipements privés et énergivores, nous devons développer l’accès aux espaces naturels, aux activités de plein air, au sport et à la culture.

Et les transports dans tout ça ?

La question des infrastructures est incontournable, le RER A, qui dessert directement Cergy-Pontoise, est déjà confronté à une fréquentation extrêmement importante. Les habitant·es du territoire subissent quotidiennement les saturations, les retards et les difficultés de transport. Avant d’annoncer un projet touristique d’une telle ampleur, il faudrait donc être capable de répondre à la demande quotidienne.

La Région ne peut pas se contenter d’inaugurer un projet sans en penser les conséquences. Un investissement de 6 milliards d’euros doit aussi être un investissement dans le territoire, ses habitant·es et ses infrastructures publiques.

Nous demandons donc la transparence sur le financement et les conditions de l’investissement, une véritable étude de l’impact climatique, foncier, agricole et sur les transports du projet, ainsi qu’un débat démocratique associant les collectivités, les habitant·es et l’ensemble des acteurs du territoire.

Il est encore temps de choisir un autre modèle : préserver les terres, renforcer les transports du quotidien, développer les loisirs de plein air et faire de Cergy-Pontoise un territoire vivant pour ses habitant·es avant d’en faire une destination touristique internationale.

Les élu·es du Pôle Écologiste 

Date de publication : 25 août 2026

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