Cité scolaire en plein coeur des champs du Triangle de Gonesse : courrier à Clément Beaune, Ministre des Transports

A

Monsieur le Ministre, 

Par le présent, nous tenions à vous alerter sur les conséquences néfastes qu’engendrerait la construction d’une cité-scolaire dans le triangle de Gonesse. 

Tout d’abord, le choix de l’implantation d’une gare de la ligne 17 du Grand Paris Express dans le triangle de Gonesse était initialement justifié par la desserte du mégacomplexe EuropaCity. Ce projet ayant été abandonné, l’implantation de cette gare a perdu sa justification et aurait également dûe être abandonnée. 

Dès lors, la création d’une cité scolaire a été invoquée en mai 2021 par le Premier ministre Jean Castex pour maintenir ce projet. Elle a été confirmée par l’appel d’offre à programmation du Conseil régional en juillet 2022. Il est prévu de construire cet établissement sous un couloir aérien, sans couvre-feu. Pourtant, le plan d’exposition au bruit de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle prévoit que des équipements collectifs ne peuvent être autorisés dans cette zone s’ils risquent d’entraîner l’implantation d’une population permanente. Or, il s’agit d’un internat. Les élèves, population permanente de l’établissement, seraient donc exposés jours et nuits aux pollutions aériennes et sonores, ce qui nuirait à leurs conditions d’apprentissage et mettrait en danger leur santé. Cette situation apparaît d’autant plus surprenante que le site de Goussainville, en raison de sa proximité avec les pistes de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, n’a pas été retenu pour la construction d’un centre pénitentiaire, également annoncé dans le plan Val d’Oise, après avoir fait l’objet d’une concertation publique sous l’égide de la CNDP.  

Par ailleurs, il est prévu que la gare de la ligne 17 du Grand Paris Express soit construite à 1,7 km des premières habitations. Les habitants ne bénéficieront donc pas d’une meilleure desserte en termes de transports et l’acheminement des élèves, dont la plupart n’emprunteront pas la ligne 17 (qui ne correspond pas aux mobilités du bassin de Gonesse), vers cette cité-scolaire ne saurait justifier la création de cette gare. La cité scolaire devrait, au contraire, être située le long de la ligne du RER D qui dessert l’ensemble des communes de l’Est du Val d’Oise. De plus, elle sera construite au milieu des champs, sur des terres agricoles particulièrement fertiles. Ce choix apparaît absurde dans un contexte de recherche de souveraineté alimentaire et au regard des conséquences de l’artificialisation des sols en termes d’accélération des dérèglements climatiques. 

Le CPGT, qui se mobilise pour sauver ces terres nourricières de Gonesse, a installé une Zone d’Imagination d’Aménagement Concerté (ZIAC) afin d’obtenir une concertation publique sous l’égide de la CNDP et proposer également des alternatives à la construction de cette cité-scolaire en pleins champs, plusieurs localisations alternatives et souhaitables étant disponibles, notamment à Villiers-le-Bel, à Sarcelles, à Garges-lès-Gonesse et dans Gonesse. 

Aussi, nous vous demandons de recevoir le CPGT afin d’entendre leurs revendications et d’étudier leurs propositions. 

Nous vous remerçions pour l’attention que vous saurez porter à notre demande et vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre considération la plus distinguée.

Kader CHIBANE
Président du Pôle Écologiste
à la Région Ile-de-France

Date de publication : 23 octobre 2023

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