Communiqué de presse – “Face aux effets de la pollution de l’air sur la santé des Français.e.s, une autre ZFE à défendre”

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Ce mercredi 26 mars, la commission spéciale de l’assemblée nationale chargée d’étudier le projet de loi de simplification de la vie économique a voté la suppression des Zones à Faibles Émissions.

Une telle décision, alors que la pollution atmosphérique continue d’avoir des conséquences dramatiques sur la santé des Français.es et qu’aucune alternative satisfaisante pour réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre n’est proposée est irresponsable.

Rappelons qu’aujourd’hui, entre 12 et 20 % des nouveaux cas de maladies respiratoires chez l’enfant et entre 7 et 13 % des nouveaux cas de maladies respiratoires, cardiovasculaires ou métaboliques chez l’adulte recensés chaque année, sont attribuables à une exposition à long terme à la pollution de l’air générée par les activités humaines. De la même manière, ce sont près de 40 000 décès par an, dont 7 900 dans les grandes villes, qui sont dus à la pollution de l’air. Et ce sont d’abord les plus pauvres, ceux qui habitent à proximité des grands axes routiers, qui en sont les victimes !

Face à un tel constat, nous, écologistes, n’avons cessé de le répéter, la solution n’est pas la suppression de la ZFE : cela représenterait une double peine pour les plus modestes qui, sous couvert de mesure sociale, demeurent les victimes silencieuses de cette pollution de l’air. Aujourd’hui, nous assistons donc à une instrumentalisation de l’écologie par les Député.e.s des Républicains, le Rassemblement National et Renaissance. Renoncer aux ZFE au nom d’une prétendue écologie liberticide c’est renoncer à agir. Certes le dispositif actuel est loin d’être satisfaisant et peut apparaître comme la loi du plus riche. ll doit donc être amendé et accompagné : l’Etat doit enfin prendre ses responsabilités pour réconcilier écologie et justice sociale.

Nous appelons ainsi à la création des conditions qui permettront de faire des ZFE un véritable dispositif de justice sociale et environnementale.
Pour cela, il faut que l’Etat soutienne plus massivement les ménages aux revenus les plus fragiles qui ne peuvent se passer d’un véhicule. Or précisément, nous assistons à des reculs incessants avec la récente suppression des aides à la conversion ou la non- garantie de l’Etat des Prêts à Taux Zéro à l’achat de véhicules moins polluants. Nous, écologistes, portons ainsi une ZFE qui propose de vraies solutions pour se déplacer aux plus pauvres et aux habitants les plus éloignés des centres urbains.

Pour plus de justice, il faut également introduire un critère de poids pour comptabiliser l’ensemble des émissions émises et le bilan carbone global des véhicules. Or, nous le savons, les SUV, détenus souvent par les plus riches, émettent plus de particules de freinage que les véhicules plus légers. Il faut que cela soit pris en compte pour un véritable dispositif de justice sociale.

Bien évidemment, tout ceci ne saurait dispenser l’Etat et les collectivités de poursuivre les investissements dans le développement de modes de déplacements alternatifs à la voiture efficaces et moins carbonés.

Nous appelons donc les Député.e.s qui auront à se prononcer à l’Assemblée nationale à ne pas revenir sur ce dispositif de ZFE et les interdictions associées à la circulation des véhicules crit’air 3, 4 et 5 dans les métropoles les plus polluées.
L’inverse serait à la fois irresponsable d’un point de vue sanitaire et inacceptable pour l’ensemble des ménages qui depuis 2021 ont fait l’effort de contribuer à la transition écologique de notre pays.

Sylvain Raifaud, Co-président du groupe écologiste, social et citoyen à la Métropole du Grand Paris

Anne De Rugy, Co-présidente du groupe écologiste, social et citoyen à la Métropole du Grand Paris

Fatoumata Koné, Présidente du groupe Les Ecologiste, Ville de Paris

David Belliard, Adjoint à la Maire de Paris en charge de la transformation de l’espace public, des transports, des mobilités, du code de la rue et de la voirie

Kader Chibane, Président du Pôle écologiste à la Région Ile-de-France

Date de publication : 28 mars 2025

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