Lancé il y a quelques mois par le groupe Segro, le projet de data center au Bourget est une nouvelle fois mis à l’échec. Le tribunal administratif de Montreuil vient, en effet, de confirmer la décision du maire du Bourget de retirer le permis de construire. C’est une première victoire pour les 18 000 signataires de la pétition contre ce data center. Ils et elles expliquent que l’infrastructure serait trop proche des habitations, d’une école et d’un EHPAD, les conséquences sanitaires et écologiques seraient trop importantes.
Supposé être le 30ème data center de Seine-Saint-Denis, cette infrastructure devrait s’étendre sur près de 35 000 m2 de terrain. Alors que l’ancien maire défendait une opportunité de créer des emplois et d’avoir un réseau de chaleur à moindre coût, les habitant·es du Bourget voyaient le projet d’un autre œil. En effet, ils et elles se mobilisent depuis le début dénonçant un data center qui causerait de très nombreuses nuisances pour les personnes vivant à proximité et un projet bien trop énergivore.
Nous ne pouvons que nous réjouir d’une telle décision, permettant la régulation de l’installation de ces infrastructures déjà (trop) nombreuses en Île-de-France. Plus de 40% des data centers français sont dans notre région et bien souvent implantés sur des terres non artificialisées initialement. C’est notamment le cas à Fouju où il est prévu d’installer un campus IA de 90 hectares sur des terres agricoles. Dans un contexte de crise climatique, telle que nous la subissons particulièrement cet été, il est inconcevable que nous sacrifions ces terres, ce serait un non-sens écologique qui irait à contre-courant de notre époque.
À cela s’ajoutent des nuisances quotidiennes pour celles et ceux qui vivent aux alentours de telles structures : pollution de l’air, rejet de particules fines, nuisances sonores permanentes, chaleur dégagée par les infrastructures… Cela soulève des questions environnementales, sanitaires et de qualité de vie des habitant·es.
Bien que l’installation de data center nous semble inéluctable, le faire avec discernement et mesure est une nécessité. Nous proposons une intransigeance sur certains critères :
- De petits data center
- Une chaleur fatale récupérée systématiquement pour chauffer les bâtiments
- Une répartition équitable sur le territoire
- Une implantation la plus mesurée, concertée et sobre possible (notamment pour ne pas artificialiser des terres agricoles si précieuses)
Les élu·es du Pôle Écologiste