En cette 21e année de la loi « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » l’exécutif régional présidé par V. Pécresse, a réaffirmé ses intentions de supprimer quelques axes de ses actions transversales aux compétences régionales.
La Région Île-de-France tient, en la matière, le haut du pavé – accessible ou pas. Pourtant, handicap et accessibilité furent successivement grandes causes régionales des dernières années, et on n’a eu de cesse, dans l’exécutif, d’invoquer « l’héritage des JOP » comme un totem – aujourd’hui, manifestement, véritable triathlon des mensonges. Le subliminal « métro pour tous », lui, n’apparaît ni au Plan cadre des mobilités, ni au budget régional, ni au CPER. Valérie Pécresse préférant faire une campagne anti-Hidalgo, quand bien même la loi lui a accordé la compétence des transports en commun. Dans les faits, ce pacte est demeuré une lettre d’intentions.
Les PAM régionalisés ont empiré les déplacements quotidiens et isolé les usagers qui résident dans les communes rurales. Lesquelles n’ont bénéficié, à travers les contrats ruraux, d’aménagements d’accessibilité que pour 19 % qui comportaient un volet accessibilité PMR. Et la région, via IDFM, se défausse progressivement de ses responsabilités sur les opérateurs.
Mais le plus grave récemment, c’est évidemment la suppression sans étude d’impact des subventions aux Fonds Départementaux de Compensation du Handicap, versés aux huit MDPH franciliennes. Près de 53 000 Francilien·nes étaient éligibles à ce dispositif, unique en France, depuis 2011. Supprimé en catimini courant novembre 2024, les oppositions – et le Conseil Consultatif du Handicap – ne l’apprennent qu’à la Commission Permanente de mars 2025. Quelques deux millions d’euros qui n’aideront plus l’autonomie des personnes en situation de handicap franciliennes pour adapter leur logement, ne compenseront plus les restes à charge. M. Deniziot, délégué spécial au handicap, s’en défend en invoquant leur caractère « facultatif » et la tension budgétaire… pour finalement céder, réintégrant le Plan d’Accompagnement Global (PAG). Ces revirements démontrent l’existence d’une marge de manœuvre – prouvant le caractère très politique et arbitraire des suppressions et coupes budgétaires aux conséquences graves. Grâce à notre vigilance, via le PAG, les structures d’accueil, services d’accompagnements médico-sociaux et habitats inclusifs, « aides facultatives », ont été préservés.
Nous, élu·es du Pôle Ecologiste, appelons les pouvoirs publics, et en particulier la Région Île-de-France, à concrétiser les promesses récurrentes, à mener de véritables politiques en faveur des personnes en situation de handicap et âgées, et à cesser de réécrire l’histoire de ses renoncements qui impactent la santé des Francilien·nes et leur pouvoir de vivre avec dignité.