Contribution du Pôle Écologiste dans le cadre de la révision du Schéma Régional Enseignement Supérieur, Recherche et Innovation 2022-2027

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Sans prétendre à l’exhaustivité, le Pôle Écologiste propose, par cette contribution, plusieurs axes qu’il estime incontournables dans le domaine de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et qui peuvent permettre de répondre aux enjeux sociaux, écologiques et démocratiques des années à venir.

AMÉLIORER LES CONDITIONS DE VIE ET D’ÉTUDES DE TOU·TES LES ÉTUDIANT·ES FRANCILIEN·NES

Les crises – sociale, sanitaire ou encore écologique – se succèdent, s’entremêlent et ont de lourdes conséquences sur le quotidien des étudiant·es. La politique régionale doit intervenir dans le cadre de dispositifs pérennes pour leur garantir une vie décente et ainsi lutter contre les inégalités des chances dans la réussite des cursus. 

→ Mettre fin à la précarité alimentaire des étudiant·es

La pandémie de covid a exacerbé une réalité jusqu’alors existante mais peu visible : l’incapacité pour de nombreux·ses étudiant·es à manger à leur faim et à avoir accès à un alimentation de qualité. Plusieurs actions sont possibles : subventionner la création d’épiceries solidaires sur les campus, faciliter l’accès à des produits alimentaires de qualité dans des circuits courts ou encore intervenir auprès des CROUS pour une meilleure progressivité des tarifs et des repas végétariens quotidiens, visant le 100% bio et local.

→ Oeuvrer à une meilleure prise en charge de la santé mentale

Nombre de jeunes sont en situation de fragilité et l’isolement, la lourdeur de certaines démarches ou encore le coût des soins peuvent être des freins à leur prise en charge.

La région doit poursuivre et amplifier sa politique d’accompagnement et de soutien aux étudiant·es en souffrance psychologique, en favorisant la coopération de l’ensemble des acteur·trices concerné·es, et en assurant à tous·tes un accès à des soins et une prise en charge médicale et psychologique adaptées. 

Garantir un accès inconditionnel aux soins

L’offre de santé pour les étudiant.es mérite d’être renforcée. La création de centres de santé à proximité des universités et CROUS, la gratuité et l’anonymat de consultations gynécologiques et psychologiques, la simplification des procédures et des démarches d’accès y compris pour les étudiant·es étranger·ères ou encore la lutte contre la précarité menstruelle et hygiénique sont autant d’exemples d’actions possibles pour améliorer la situation sanitaire des jeunes.

Assurer un accès à un logement décent et lutter contre la précarité énergétique

L’intervention régionale pour la création et la rénovation de logements à destination des jeunes permet de répondre à des enjeux sociaux (pour l’accès à un logement décent et la lutte contre l’habitat indigne), économiques (pour lutter contre les passoires thermiques et la précarité énergétique) et sanitaires (ne pas se rendre malade en vivant dans un logement insalubre). 

→ Agir contre les discriminations et contre les violences sexistes et sexuelles

Mobiliser les savoir-faire du centre Hubertine Auclert et d’acteurs des secteurs juridique et de l’accès aux droits ou encore de la santé pour mettre en œuvre des programmes et dispositifs spécifiques à la prévention et le soutien aux jeunes victimes de violences sexistes et sexuelles et lutter contre toutes les formes de discriminations. 

SOUTENIR  LA RECHERCHE FONDAMENTALE PUBLIQUE

La richesse de la recherche en Ile-de-France est une ressource majeure notamment pour accompagner la région dans la transition écologique et énergétique. Dans le sexennat couvert par ce schéma, la région peut contribuer à la fois à l’amélioration des conditions matérielles des chercheur·ses et impulser des dynamiques de recherche inclusives et ouvertes dans tous les pans de la science. 

→ Améliorer les conditions d’emploi des doctorant.es et approfondir les financements aux projets de recherche 

Soutenir les laboratoires publics dans leur fonctionnement et dans l’organisation d’événements à caractère scientifique (colloques, séminaires, conférences…). Renforcer les financements des bourses doctorales et post-doctorales, pour toutes les composantes de l’ESR, en intégrant des chercheur.ses spécialisé·es dans la “transition social-écologique” dans les jurys d’attribution comme l’accord de Grenoble le suggère.

→ Redonner une place centrale aux Sciences Humaines et Sociales dans le débat public

Les Sciences Humaines et Sociales, insuffisamment soutenues à notre sens dans le dernier schéma, doivent occuper une place centrale. En éclairant les décideur·ses tant sur les enjeux de l’époque que sur la façon d’y répondre, elles permettent d’orienter et d’adapter les politiques publiques selon les besoins, notamment pour accompagner les transitions économique, écologique, sociale et démocratique. 

→ Placer la transition écologique et sociale au coeur de la recherche académique publique en Ile-de-France

L’urgence d’amorcer la transition n’est plus à démontrer. Dès lors, la région doit concentrer ses efforts financiers sur cette thématique, transversale, en appuyant les laboratoires publics, sans contractualiser systématiquement avec des entreprises privées. Ainsi, la recherche pourra partir des citoyen·nes, dans le sens de l’intérêt général, et non plus vers les intérêts particuliers, souvent contradictoires avec les défis du monde futur. 

→ Renforcer les liens entre les établissements d’enseignement supérieur et de recherche

Créer des collaborations entre les établissements de SHS et de sciences dites dures pour leur permettre d’être plus performants (par exemple dans la recherche de financements) et développer des synergies utiles pour répondre aux problématiques multifactorielles de la société.

ACCOMPAGNER LA DÉMOCRATISATION DE L’ACCÈS À L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET LA RECHERCHE

→ Contribuer au rééquilibrage territorial de l’offre

En lien avec les acteur·trices locaux·ales, aider les universités de proximité et participer au désengorgement des plus gros pôles franciliens, pour permettre des enseignements et une recherche dans des campus à taille humaine qui maillent l’ensemble du territoire. 

→ Agir pour l’amélioration du confort des bâtiments et la végétalisation des campus

Inciter les établissements à adopter des objectifs exemplaires sur les plans environnemental et social (réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20 à 30%, isolation des bâtiments, végétalisation et promotion des espaces verts, renforcement de l’accessibilité).

→ Participer à l’insertion professionnelle vers un emploi durable

Les étudiant·es diplomé·es, sortant d’études, sont nombreux.ses à peiner dans la recherche de leur premier emploi, des difficultés qui peuvent avoir un impact durable sur l’ensemble du parcours professionnel. La région peut intervenir dans son schéma pour proposer un accompagnement adapté tout au long du cursus – qui peut prendre la forme de modules de formation, de rencontres avec des professionnels, de parrainage et marrainage etc -, à même de lever certains freins, de faciliter la transition entre études et vie professionnelle et ainsi de lutter contre les inégalités d’accès à l’emploi.

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