DEMANDE DE TRANSPARENCE SUR LES ÉMISSIONS DE DIOXINES DE L’INCINÉRATEUR D’IVRY-PARIS XIII

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Quand la santé des citoyen·nes sera-t-elle véritablement prise au sérieux? La fondation néerlandaise Toxico Watch a publié une étude complémentaire à celle de février 2022, aux côtés du collectif 3R, mettant en évidence l’inactivité des capteurs de dioxines de l’incinérateur d’Ivry pendant près de 7 000 heures de 2020 à 2021. En parallèle de cette période, des taux anormalement élevés de dioxine avaient été découverts dans les œufs de poules domestiques d’Ivry, entraînant l’Agence Régionale de Santé (ARS) à les déclarer inaptes à la consommation. 

En février 2022, une étude de Toxico Watch avait déjà mis en évidence des concentrations élevées de dioxines aux environs de l’incinérateur d’Ivry-Paris XIII. Le gestionnaire de l’installation, l’agence métropolitaine des déchets ménagers (Syctom), avait toutefois catégoriquement nié toute responsabilité à ce sujet.

L’étude révèle que le dispositif d’échantillonnage semi-continu de dioxines n’a pas effectué de prélèvements sur les deux fours pendant 6 936 heures au cours de ces deux années. Malgré cela, les rapports d’information annuels de SUEZ et du Syctom, accessibles au public, indiquent généralement des émissions polluantes de l’incinérateur conformes aux normes réglementaires.

Nous rappelons que les dioxines figurent sur la liste des composés chimiques les plus préoccupants et sont classés comme cancérigènes pour l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).  Or, l’incinérateur se trouve à proximité de crèches et de logements déjà impactés par une pollution de l’air importante liée entre autres à la circulation routière. Et nous connaissons les dégâts des effets cumulatifs sur la santé. L’Agence régionale de santé n’a, quant à elle, toujours pas publié le rapport détaillé de l’étude qui l’a conduite à recommander l’arrêt de  la consommation d’œufs de poules domestiques dans toute l’Ile-de-France, qui pourrait permettre de localiser les sources émettrices de dioxines.

Nous demandons à nouveau, en soutien au collectif 3R, que le Syctom rende publiques ses données brutes et les transmette aux associations afin de nous permettre de mieux percevoir les risques potentiels pour la santé des habitant.es d’Ivry et dans les villes alentours. Nous demandons également à l’Agence Régionale de Santé de publier un rapport détaillé de sa décision d’interdiction de consommation d’œufs de poules domestiques en Île-de-France et au Préfet de se prononcer sur ce sujet de santé public impactant les Francilien·nes. 

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