Zone à Faibles Émissions : la faiblesse des pouvoirs publics face à l’urgence

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Une fois de plus, les annonces du gouvernement concernant le déploiement des ZFE, Zone à Faibles Émissions, sont loin d’être à la hauteur des enjeux.  

Le Ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Christophe Béchu, a annoncé la mise en place du prêt à taux zéro pour l’achat de véhicule électrique, garanti par l’Etat, mesure indispensable pour que les ménages les plus modestes n’aient pas à faire l’avance pour changer leur véhicule polluant.

Autre point : la mise en place des contrôles automatiques au sein de la zone. Sans ces contrôles les ZFE ne peuvent être efficaces contre la pollution de l’air. Une mesure qui va dans le bon sens mais qui ne sera effective qu’en 2024.

Ces annonces tant attendues sont hélas insuffisantes, car elles loupent le point dur de l’injustice de ces ZFE : la question de la dépendance automobile.

Ainsi, aucune annonce n’est faite pour les transports en commun ou pour le vélo. Or ni la Région dirigée par Valérie Pécresse, ni l’Etat, ni la Métropole du Grand Paris ne sont au rendez-vous pour :

  • aider massivement les transports en commun afin de créer un “choc de l’offre” pour des trains, des RER, des tramways et des bus plus fréquents et plus réguliers et une offre sur tout le territoire de l’Ile de France, y compris en Grande Couronne,
  • mettre en place des pistes cyclables transitoires pour que le RER Vélo passe du projet à la réalité.

De plus, la rallonge des aides à l’achat de véhicule électrique se concentre à l’intérieur de la ZFE alors que les questions de dépendance automobile sont plus importantes en dehors de cette zone.
Enfin, la métropole et le gouvernement se sont mis d’accord pour repousser encore une fois le calendrier de la mise en place de la ZFE. Ceci ressemble fort à ce qui a été fait sur les pesticides. A reculer sans cesse la date de l’interdiction, on n’aide pas la transition et on loupe l’urgence sanitaire et climatique. Rappelons que l’Etat a été condamné à deux reprises sur son incapacité à respecter les seuils de pollution et que le GIEC nous demande d’agir rapidement pour réduire nos émissions de GES. Or le secteur des transports reste le mauvais élève sur ces deux fléaux qui touchent durement les Francilien·es.

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