Compte financier unique : intervention d’Anne-Claire Jarry-Boubid

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Monsieur le président de séance, Monsieur le Président du CESER.

Je souhaiterais en préambule remercier celles et ceux qui se consacrent au quotidien aux politiques publiques dans notre région. Vous annonciez début 2023, placer l’écologie et la jeunesse au cœur de votre action. Ce n’est pas le cas. Le compte financier unique indique que le volume d’investissement dans l’enseignement du second degré est massif en 2023. C’est vrai, le milliard d’euros d’autorisations de programmes affectés est là. Mais ce chiffre seul ne saurait traduire la réalité. Vous avez ouvert des enveloppes pour les lycées avec des sommes fléchés affectées. Mais, et c’est là que le bât blesse pour nombre d’entre elles, vous n’avez pas encore contractualisé. Les autorisations de programme ne sont pas encore engagées et je vais plus loin, beaucoup de ces enveloppes sont finalement vides, car aucun crédit de paiement n’y est associé. Il n’y a pas d’argent dans la caisse pour l’instant. Pour toutes les enveloppes mises sur la table pour payer les travaux de construction, rénovation ou maintenance dans nos lycées. Il est ici question de plusieurs centaines de millions d’euros de décalage entre les autorisations affectées et les crédits consommés.


Vous y allez fort en communication sur le milliard pour les lycées, alors que ce qui reste à payer et reste à mandater s’élève à 1,8 milliard. Il va falloir décaisser beaucoup dans les prochaines années. Comment allez-vous faire ? Vos taux d’épargne avaient atteint des records en 2019-2020. Après la crise économique, vous êtes revenu à des ratios plus conformes aux pratiques d’une région.


Vous avez compris qu’il était temps de mettre le turbo sur l’investissement. Le problème aujourd’hui, c’est que vous vous obstinez à garder un autofinancement élevé pour financer l’investissement en comprimant les dépenses de fonctionnement. Par exemple, la dotation à l’Institut Paris Région dont les travaux sont exemplaires, ou à Airparif qui vient pourtant de réaliser avec Bruitparif une précieuse cartographie croisée des pollutions de l’air et sonores.


C’est devenu une affaire de principe. Vous vous obstinez à toujours vouloir afficher un emprunt réalisé bien moindre que celui budgété. Malgré l’augmentation de vos recettes et il va pourtant vous falloir apprendre à vivre avec le service de la dette pour payer tous les milliards de dépenses annoncées. Alors que l’état de nombre de nos lycées est dégradé. Vous parliez d’écologie, des solutions, mais la vérité, c’est que vous n’investissez pas assez dans la transition écologique et l’adaptation au changement climatique pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et peut-être ne pas nous prendre le mur du dérèglement climatique quand le gouvernement n’atteint pas les objectifs de baisse d’émission de CO2.


Le dispositif d’aide à la rénovation énergétique sont aujourd’hui peu efficaces, alors qu’il y a urgence dans notre région. Vous continuez à affirmer qu’un euro sur deux a un impact positif sur l’environnement, mais nous aurions aimé avoir un petit truc en plus pour le vérifier. Les premières conclusions de vos travaux sur le budget vert. Vous avez annoncé lancer le deuxième axe de la révolution des transports, mais l’on observe un léger tassement des crédits d’investissement en 2023 et nous attendons toujours le volet mobilité du CPER.


Vous êtes VivaTech, mais nous, nous sommes aussi Onde de COP. Nous nous intéressons à l’inférence en I’IA, au numérique responsable et inclusive, au gender gap dans le monde entrepreneurial. Mais nous nous inquiétons de la faiblesse des crédits accordés à l’économie sociale et solidaire. Ces acteurs ont peu de fonds propres et des difficultés d’accès au foncier et à des locaux qui ne soient pas précaires ou des passoires thermiques.


Cela devrait vous alerter et vous pourriez agir pour eux à travers votre SEM investissement et territoires. Nous ne sommes pas parvenus à comprendre dans l’état consolidé des fonds européens si vous allez réellement réussir à exécuter complètement la programmation 2014-2020. Enfin, un mot sur l’institution régionale. Rappelons ici que vous avez fait le choix de ne pas acquérir les locaux de la région et que les loyers des franchises étant terminés ont dès lors considérablement augmenté.

Alors, vous essayez de trouver des colloques de choc et de faire cohabiter services de la région, organismes associés, incubateurs. L’actif corporel au bilan s’élève à 13 millions, mais nous n’avons toujours pas d’évaluation détaillée de ce patrimoine. Comment comptez-vous le gérer ? Quel est le devenir des lycées parisiens fermés malgré tout ? Gardons l’espoir au cœur du chaos, car il reste encore du chemin pour œuvrer à une région plus résiliente et à un monde meilleur.

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Conseil régional : Mai 2024

Élu·e : Anne-Claire Jarry-Bouabid