Budget 2022 Transports : Intervention de Charlotte Nenner

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Vous annoncez un budget record dépassant le milliard d’euros d’investissements pour 2022.

Oui, on peut se réjouir de voir avancer des projets essentiels à la vie et à la mobilité des franciliens, comme le prolongement de la ligne 11 du métro, du RER E à l’ouest, de nouveaux projets de tramways ou de bus à haut niveau de service (appelés Tzen) ou la rénovation des gares pour un meilleur accueil, une meilleure accessibilité ou une meilleure multimodalité. 

Mais c’est bien le minimum ! Le réseau des transports en commun est encore saturé, en mauvais état et peu accessible. 

Les RER B et D ont encore été très mauvais cette année en termes de fiabilité, et à cause des travaux de l’inutile et coûteux CDG Express, ce n’est pas près de s’améliorer. 

L’enjeu pourtant est bien de disposer d’un réseau de transport en commun performant et attractif, pour convaincre les automobilistes, encore trop nombreux dans les embouteillages, de prendre plutôt le train, le bus ou le métro. 

L’enjeu est bien de combattre la pollution de l’air, provoquée par la circulation automobile. Donc oui, il faut investir dans les TC, et beaucoup.

Votre budget est un budget en trompe-l’oeil. En effet, il ne prend pas en compte les surcoûts des chantiers, et les retards qui engendrent eux même des dépassements des budgets prévus. 

Ainsi pour ces surcoûts, cela passera sûrement en budget supplémentaire. On a donc ici un budget édulcoré, qui fait comme si on n’avait pas  de problème avec le T12 et ses 156 millions manquants, pas de problème avec NEXTEO ou EOLE et son milliard sept de dérapage, comme si on n’avait pas une augmentation significative des coûts de construction… Les chantiers dérivent tous en Ile de France et ce n’est pas bon signe.

Métros bondés, quais saturés, voilà des images qui font froid dans le dos quand on sait qu’on est au cœur de la 5e vague de COVID. 15 minutes d’attente pour un métro, un bus sur 2, et des dessertes pratiquement plus assurées… C’est ainsi le résultat de la réduction de l’offre de transports de 10%. Cette politique d’économie est incompréhensible. Il y a eu une baisse de la fréquentation mais pas forcément aux heures de pointe et en parallèle nous faisons face à une augmentation de la circulation automobile. Il est urgent de rétablir l’offre de transport aux niveaux de 2019, à la fois pour faire face au retour de la pandémie, mais aussi pour offrir une vraie alternative à la voiture individuelle.

Nous pouvons nous réjouir que le budget 2021 consacré aux plans vélo ait été entièrement consommé et même dépassé. Mais quel dommage alors de ne pas être ambitieux pour 2022 et de ne pas consacrer plus de crédits au RER V et aux autres initiatives vélos qui pourraient être prises dans les territoires. 25 millions, on est encore loin des 60 millions par an nécessaires pour tenir l’engagement des 300 millions promis pour le RER V sur 5 ans. Car sans investissement important et significatif de la région, le RER V ne sera qu’un beau projet sur le papier. Il y a  tellement à faire pour les continuités cyclables, pour protéger les trajets, pour inciter encore à ce mode de déplacement vertueux, pour la planète, pour la santé et pour le porte-monnaie. 

Pour ce qui est de la tarification, nous pensons qu’il faut mettre en œuvre la gratuité pour les moins de 18 ans, et ce partout en Ile de France, et pas qu’à Paris. Il convient aussi de rétablir la gratuité les jours de pics de pollution, car le forfait antipollution est plutôt un échec.

Enfin concernant le fret, on salue l’effort sur le fluvial, mais le fret ferroviaire reste encore trop absent des projets régionaux. 

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