Budget régional 2022 Action sociale : Intervention de Roberto Romero

A

Pour une prévention spécialisée

Nous espérons qu’avec cet amendement vous allez peut-être pouvoir abonder un peu et redresser la vision purement répressive que vous avez sur un certain nombre de quartiers, ce qui devient une habitude assez regrettable. Donc là nous vous proposons la possibilité de rééquilibrer tout ça.

En effet, si on doit s’attaquer à la racine des difficultés dans un certain nombre de quartiers populaires, il ne fait pas simplement parler de répression, mais de prévention et notamment de prévention spécialisée qui fait un travail remarquable et je souhaite ici en profiter pour pouvoir féliciter les éducatrices et les éducateurs de rue qui prennent en charge les jeunes en décrochage, en fragilité, toute cette jeunesse, cette enfance aujourd’hui invisibilisée, et à laquelle nous devons tant. 

C’est pour cela que nous proposons 1 M€, 1 M€…250 000 € par département, ce qui est à peine l’épaisseur du trait de notre budget. Mais qui pourrait être un signal envoyé à cette jeunesse, à ces enfants, que la Région s’intéresse à eux. Vous allez me dire encore une fois que ce n’est pas votre compétence. “Pas plus que la sécurité”, vous répondrai-je. Mais ce qui serait incompréhensible, c’est que la région soit le seul acteur institutionnel absent de ce terrain là, car même l’Etat – même l’Etat-, est intervenu sur le terrain à la suite des rixes qui ont eu lieu en début d’année dans des quartiers Politique de la Ville. J’en appelle donc, Madame la Vice-présidente, Monsieur le Président, à votre responsabilité envers nos enfants, nos jeunes des quartiers populaires. Je vous remercie.

Créer un Centre d’accueil régional pour victimes de violences

Vous nous avez parlé de répit tout à l’heure et merci pour ce que vous faites pour que les femmes puissent avoir un peu de répit. Néanmoins depuis 2017, le nombre de cas de violences faites aux femmes a augmenté de 67  % en Ile-de-France et donc les femmes n’ont pas besoin que de répit, elles ont besoin de pouvoir s’extraire. S’extraire souvent d’un milieu familial qui est un milieu familial très violent, et pour ce faire il nous semble qu’il serait bien d’avoir un lieu d’accueil ouvert 24 heures sur 24 où les femmes pourraient et porter plainte, et avoir une assistante sociale et avoir toutes les aides, puisqu’il faut empêcher de faire qu’elles tombent sous les coups. Et qu’elles ne peuvent pas partir, parce qu’elles ont peur, parce qu’elles craignent de ne plus avoir de logement, qu’il y a les enfants qui vont à l’école, etc. Je voudrais aussi au passage rappeler que vous nous parlez de formation des policiers. Je vous rappelle que c’est un amendement que j’avais déposé et qui m’avait été refusé par Monsieur Péchenard, et que vous avez repris quelques mois après. Je voudrais juste le rappeler, parce que quand même, parfois, vous reprenez certaines de nos idées et je vous en remercie. Et je finirai par parler à d’autres élus régionaux qui ont peur de la déconstruction. N’ayez pas peur de la déconstruction. Après, je comprends que vous en ayez peur parce que effectivement l’introspection, ça fait peur. Mais vivre dans un environnement qui n’est pas viriliste, où le patriarcat n’est pas là et n’a plus lieu d’être…Ecoutez, ça fait beaucoup de bien ! C’est tout, merci.

Santé Mentale

Claire Hédon [Défenseure des Droits], à l’occasion de la sortie de son rapport sur la santé mentale des jeunes nous dit : “ La santé mentale est l’une des conditions de l’apprentissage et de la réussite scolaires, et un enfant qui ne va pas bien deviendra un adulte qui va mal et qui vivra dans une société qui va mal”. J’ai l’impression que notre société va déjà mal. Et qu’il serait donc peut-être bien d’avoir un grand Plan pour la santé mentale. On sait qu’un enfant dont les parents n’ont pas les moyens peut attendre 6 mois pour avoir un rendez-vous dans un CMP. On sait que beaucoup de SDF sont à la rue avec des problèmes psy., alors peut-être les avaient-ils avant, peut-être les ont-ils parce qu’ils sont dans la rue, mais on sait que c’est très compliqué de les prendre en charge. Donc nous souhaiterions que vous mettiez en place un Plan en lien avec les professionnel.les de santé, avec les associations, les usagères et les usagers.

Santé environnementale

Je suis à la Commission Santé et je suis l’une des rares à ne pas être professionnelle de la santé. Néanmoins, je suis maman, bientôt grand-mère, et la santé, c’est quelque chose qui au quotidien m’interroge et m’interpelle et ce également en tant qu’écologiste.

Et moi, ce qui m’importe, c’est que les gens ne tombent pas malades. Vous avez signé sous la dernière mandature une Charte contre les perturbateurs endocriniens. C’est bien. Bravo. Néanmoins, qu’est-ce qu’on en fait, de cette charte ? Qu’est-ce qui se passe ? On sait que les perturbateurs endocriniens causent beaucoup de maladies et que ça peut être assez problématique, notamment avec les revêtements de sol qu’on retrouve dans les crèches, dans les écoles, etc. 

On a aussi des lanceuses et des lanceurs d’alerte qui nous interpellent sur les problèmes qui sont liés aux catastrophes industrielles, qui sont liés au gazon synthétique, etc. J’en reviens ici à un de mes hobbies. Pareil pour le chlore dans les piscines. Donc avoir un Plan régional pour la santé environnementale permettrait de s’interroger, d’interpeller tous les acteurs et actrices de la santé et de l’environnement, et de faire que l’on diminue le nombre de personnes qui ont besoin d’aller chez le médecin, en général. 

Ile-de-France sans SIDA

L’Ile-de-France est la première région métropolitaine concernée par le VIH. Elle concentre à elle seule 42 % des découvertes de séropositivité alors qu’elle compte 18 % de la population. Cet amendement vise à augmenter les moyens alloués à l’action d’Ile-de-France Santé Sida, le CRIPS, à mieux soutenir les acteurs engagés dans ce secteur, à engager la région Ile-de-France à conventionner avec l’ARS et l’Assurance maladie pour le déploiement du dispositif VIH-Test, offre de dépistage du VIH, sans frais, sans rendez-vous et sans ordonnance, dans tous les laboratoires d’analyse médicale.