Budget régional 2022 Culture : Intervention de Benoît Hamon

A

Merci Monsieur le président,

Madame la vice-présidente.

Je vais faire quelques commentaires et deux critiques constructives ou deux remarques sur cette annexe.

La première remarque : j’ai fait le parti pris de comparer cette annexe avec la situation qui était celle du budget de la Région en 2015. Indiscutablement sur l’investissement, c’est mieux. Et sensiblement mieux. Ça reste quand même moins bien qu’en 2015, même en intégrant l’augmentation dans ce budget en matière de fonctionnement. C’est une des lacunes qui font l’objet d’amendements de notre part à ce budget : c’est qu’aujourd’hui la plupart des acteurs culturels, notamment des petits acteurs culturels, ceux qui contribuent à la diversité culturelle, au maillage territorial, à la diversité du type de structures, leurs besoins sont des besoins en fonctionnement, notamment après l’épisode de la crise COVID. Ce qu’ils reprochent aux acteurs publics, c’est cette forme d’invisibilité dans laquelle ils ont été placés et qui les oblige aujourd’hui à s’ébattre dans tous les sens en recherchant des partenaires durables et je voudrais insister là dessus : il y a beaucoup qui est fait en investissement en direction de ce que je considère être des acteurs dominants du secteur culturel, et pas assez à l’égard des petits acteurs et je voudrais en tous cas vous suggérer de vous pencher sur les recommandations de l’union fédérale d’intervention des structures culturelles que vous devez connaître, l’UFISC, qui propose à la région de s’inscrire dans des conventions d’objectifs qui soient co-construites entre porteurs de projets et collectivités, notamment dans le cadre de la mise en œuvre des appels d’offre et des marchés publics, parce que l’on sait vous et moi que dans le cadre de ces appels d’offre, les plus gros s’en sortent beaucoup mieux.

Deuxièmement de mettre en place des aides au fonctionnement, notamment pour faire face à des trésoreries qui sont aujourd’hui exsangues. Et de favoriser des conventions pluri-annuelles qui permettent aux structures de se projeter dans le temps et d’assurer une activité culturelle qui soit au bénéfice du plus grand nombre.

Ça, c’est la première remarque que je voulais faire et je trouve qu’il manque de cette ambition votre budget culturel.

Puis la deuxième remarque – prenez la, là encore comme une critique constructive -, c’est que je trouve qu’on ne s’inscrit pas dans le temps long. C’est-à-dire qu’il n’y a pas d’anticipation dans cette annexe là.

Et sans doute avez-vous pris connaissance Madame la vice-présidente du rapport qui vient d’être rendu public qui propose la manière de décarboner l’industrie culturelle, considérant que ce secteur est un peu mis à part des réflexions sur les questions de la transition écologique et ce temps long suppose que les collectivités locales jouent leur rôle, parce que c’est à elle de piloter cette transition.

4 propositions sont faites, sur lesquelles j’aimerais avoir votre sentiment.

D’une part pour relocaliser les activités.

D’autre part pour ralentir. Qu’est ce que cela veut dire « ralentir » ? Cela signifie qu’aujourd’hui nous sommes prisonniers de la tyrannie du court-terme, y compris dans le domaine de l’industrie culturelle et qu’il faut limiter les déplacements, diminuer les échelles, cesser de financer les gros événements, et grosse échelles, très consommateurs d’énergie pour redécouvrir les mérites et l’intérêt des petits événements, c’est à dire de l’activité culturelle diffuse qui existe en Ile-de-France et qui a besoin de votre soutien.

Et enfin renoncer à toutes les pratiques ultra-carbonées qui sont aussi des pratiques de l’industrie culturelle et des acteurs culturels.

Voilà des recommandations qui nous permettraient de nous restituer dans le temps long et donc j’espère qu’elles irrigueront à l’avenir la réflexion qui est la vôtre pour la politique culturelle en Île-de-France.

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