Budget régional 2022 Formation professionnelle et emploi : Intervention de Sorayah Mechtouh

A

Nous aurions été totalement satisfaits de ce budget s’il s’agissait d’un budget destiné à la formation en santé, tant il finance des pansements, et encore faudrait-il qu’ils ne soient pas destinés à être posés sur des jambes de bois.

Hélas, ce n’est pas le cas, ce budget se concentre principalement sur les formations concernant les filières en tension. En faisant eu égard à l’avenir, des urgences sociales et environnementales en se concentrant uniquement sur les besoins des entreprises. Voyez-vous, pour nous la formation et l’emploi sont des moyens d’insertion durable dans la société et non une fin en soi.

Et lorsqu’on se fixe ces objectifs, on ne baisse pas les crédits en termes d’accès au savoir de base.

Lorsqu’on souhaite renforcer l’accès à la formation et à l’emploi des jeunes, quel que soit leur territoire, on ne baisse pas les crédits de paiement à destination des missions locales.

Lorsqu’on s’inquiète vraiment d’une insertion durable et émancipatrice par l’emploi, on assure le suivi des publics concernés après leur passage dans les dispositifs d’insertion professionnelle.

&Lorsqu’on se concentre sur les personnes éloignées de l’emploi et non seulement sur les entreprises en besoin de main d’œuvre on n’ignore pas les 247 000 jeunes NEET qui pourraient avoir besoin de formation. Pour rappel, ils sont 24% en Seine-Saint-Denis et 11% à Paris.

Alors que l’emploi et la formation professionnelle sont de formidables outils s’ils sont mis au service de l’émancipation, de l’avenir, de la transformation vertueuse de la société. Vous n’en faites rien.

  • Faire un pas vers l’avenir ne se résume pas à augmenter caricaturalement les budgets en E-learning,
  • Faire un pas vers l’avenir, c’est favoriser la formation et l’emploi vers les métiers de demain, transformateur de terre, gestionnaire de tiers-lieu, entrepreneurs collectifs et j’en passe.
  • Faire un pas vers l’avenir c’est faire des efforts pour féminiser d’avantage les formations, notamment dans les secteurs dits « masculin »
  • Faire un pas vers l’avenir c’est aussi sécuriser ce que l’on a déjà, notamment en mettant en place plus d’aide à la reprise pédagogique post COVID.

Vous l’aurez compris, au Pôle Écologiste nous trouvons qu’il s’agit là d’un budget sans ambition destiné à créer de la main d’œuvre abordable pour les entreprises et non à utiliser l’activité économique comme un vecteur d’insertion.

Monsieur le vice-président,

Je vais vous parler des dispositifs que vous qualifiez d’assistanat. Ce sont les emplois tremplins. Emplois tremplins qui ont visé pendant une dizaine d’années à accompagner les publics qui rencontrent des difficultés d’insertion professionnelle vers l’emploi, qui ont visé aussi à soutenir des centaines d’associations actives dans nos territoires, soutenir l’économie sociale et solidaire pour faciliter l’exercice des activités de ces associations dans nos villes, dans nos quartiers. Ce sont plus de 7 000 bénéficiaires de ces emplois tremplins que nous avons vu réussir en Ile-de-France avec, rappelons-le, un taux de pérennisation de 72 %. Donc il ne s’agit pas de mettre des associations sous perfusion, les mêmes associations que vous avez asphyxiées, mais bien de les accompagner pour accomplir des missions d’utilité sociale, d’intérêt général, dans nos territoires.

Alors si vous considérez qu’agir aux côtés des associations qui assurent le lien social dans nos quartiers c’est de l’assistanat, je laisserai les Francilien.nes apprécier.

Si vous considérez que soutenir les associations qui agissent, accompagnent, soutiennent, orientent les femmes victimes de violences conjugales, qui interviennent dans les établissements scolaires, en particulier dans les lycées, c’est de l’assistanat, je laisserai  les Francilien.nes apprécier.

Et j’ai des exemples concrets d’associations que je peux mentionner.

Si vous considérez que permettre à des associations culturelles de favoriser l’accès à la culture du plus grand nombre dans nos territoires, c’est favoriser l’assistanat, et bien nous laisserons là encore  les Francilien.nes apprécier vos propos et votre dogmatisme quant  à ces dispositifs qui ont aidé un grand nombre de jeunes à accéder à l’emploi et un très grand nombre d’associations à mener leurs actions dans nos territoires. Et je le dis avec d’autant plus de force que la période que nous traversons depuis deux ans a montré à quel point les associations étaient asphyxiées bien souvent par la puissance publique et à quel point elles avaient besoin de moyens pour assurer les missions de solidarité.

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