Budget régional 2022 Logement : Intervention de Kader Chibane

A

L’histoire dure et se répète…le secteur du logement est encore une fois le parent pauvre de votre budget. 

Et nous ne sommes pas les seuls à l’affirmer.

Dans son avis du 8 décembre 2021, le CESER déplore l’insuffisance des sommes envisagés au regard des besoins en matière de développement du parc social (30 millions) et de lutte contre la précarité énergétique des logements sociaux. 

Le logement est pourtant l’une des premières préoccupations des franciliennes et  franciliens et l’un des plus grands symboles des terribles inégalités territoriales qui traversent la Région Ile-de-France et auxquelles, par votre inaction, vous contribuez allégrement. 

On ne le répétera jamais assez : vous préférez faire des économies sur le dos de nos concitoyennes et concitoyens plutôt que de répondre à leurs besoins et pourquoi ? Il faut appeler un chat, un chat : la  majorité régionale n’aiment pas le logement social, comme elle n’aime pas la péréquation. 

Vos décisions et votre manque d’ambition sur le logement social et très social, sur le logement indigne, sur la rénovation énergétique, sur la politique de la ville, sur le logement des jeunes et des étudiants impactent l’ensemble de la chaîne : les collectivités vertueuses qui produisent du logement social et qui accueillent les habitants les plus fragiles, les bailleurs sociaux, les investisseurs, les associations, les services publics sanitaires et sociaux et évidemment, les gens…

Pourtant accéder à un logement décent est un droit fondamental. Un droit terriblement malmené. 

Et l’absence de logement et le mal-logement fracturent tous les pans de la vie. Ils abiment la santé physique et la santé mentale, ils abiment la vie sociale et déstructurent la vie familiale, ils accentuent les inégalités territoriales, ils frappent en priorité les jeunes et les femmes.

Que fait la Région pour s’attaquer à la crise du logement ? Le service minimum. 

La région Ile-de-France doit produire davantage de logement social.

La région Ile-de-France doit amplifier son action pour la rénovation thermique : 25M€ dédiés à cet enjeu essentiel en 2015, plus rien à compter de 2016 et à peine 10 M€ depuis l’an dernier. 

Avec 5 000 logements rénovés logements, alors que le parc social compte 50 000 passoires thermiques, votre objectif est très en deçà des besoins…Et non seulement il est très en deçà des besoins, mais votre volontarisme et votre action le sont aussi : le mois dernier, vous n’affichiez que 900 logements rénovés ! 

Qu’attendez-vous donc ? La réalité vécue par tant de vos concitoyen.nes, vous ne pouvez pas la méconnaître, elle est devant vos yeux et elle ne cesse de s’aggraver. Début 2021, l’Observatoire national de la précarité énergétique pointait la forte augmentation du nombre de ménages rencontrant des difficultés de paiement de l’énergie, dont la proportion est passée de 10% en 2013 à 18% en 2020. 

Avec la crise sanitaire, les confinements subis, l’augmentation des difficultés économiques et sociales, la hausse des prix de l’énergie des populations déjà fragiles se retrouvent encore plus précaires. Cette situation alarmante impose aux pouvoirs publics de décupler leurs efforts, de se coordonner et de trouver ensemble et sans attendre les modes d’intervention les plus adaptés.

On sait ce que vous allez nous répondre, c’est ce que vous répondez à chaque fois que nous vous mettons face à vos échecs et vos désengagements : ce n’est pas de votre compétence, ce n’est pas de votre responsabilité, vous ne faites que répondre aux demandes des collectivités…

Mais franchement, si vous n’êtes pas là pour impulser et donner une dynamique, à quoi donc servez-vous ? Du point de vue social, humain, écologique, votre absence d’ambition et votre attentisme sont non seulement excluants, mais mortifères.

Difficile de ne pas terminer cette intervention par un mot sur la politique de la ville. Au-delà du fait que nous avons bien conscience de la complexité des projets de requalification de certains quartiers et des modalités de financements et de contractualisation avec l’ANRU, vous avez affaibli la politique de la ville et vous en êtes détournés, en supprimant votre soutien aux projets associatifs et citoyens dans les territoires, qui œuvrent au lien social, à la cohésion, à l’intérêt général, par de la prévention, de la médiation, du soutien scolaire, de l’animation…

Production de logements, rénovation thermique et soutien aux actions dans les quartiers de la politique de la ville.

3 priorités pour nous mais qui malheureusement ne sont pas les vôtres.

Vous avez l’occasion de prendre en compte un certain nombre d’amendement non pas pour vous racheter, mais pour répondre à des besoins qui sont de plus en plus criants car l’urgence sociale, l’urgence climatique vont de pair. 

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