Budget supplémentaire 2021 : Intervention de Benoît Hamon

A

Merci Madame la Présidente,

Sur le vote de ce budget supplémentaire, en fait le point d’orgue de ce curieux slogan qui a été le vôtre, mais dont je comprends la motivation, et qui a été de vouloir que 80% de votre programme soit voter à l’occasion de cette session. Moi, je vais vous parler de politique parce que je pense que cette séance concerne assez peu les Francilien·nes, assez peu l’Assemblée régionale et beaucoup vous concerne personnellement. Les raisons qui ont justifié que ce slogan existe c’est d’abord que vous voulez vous libérer d’une obligation morale à l’égard des Francilien·nes et pouvoir au plus vite vous projeter vers les primaires de la Droite et l’élection présidentielle.

La deuxième raison, c’est que vous voulez exister dans le cadre de cette primaire de la Droite et vous voulez exister par rapport à vos concurrents et je devine ce que doit être votre état d’esprit et celui de votre entourage qui consiste à privilégier un certain nombre de slogan et celui-ci en est un : « 80% de mon programme sera achevé ou lancé à l’occasion de cette session« . Il vous conduit à proposer à cette Assemblée la précipitation et finalement à vous contredire sur un premier point.

Vous évoquez dans la presse la « fatigue démocratique » de notre pays qui explique la faiblesse du taux de participation aux élections régionales et votre premier réflexe est de procéder par précipitation, à l’occasion de cette première séance, et finalement de dégrader la démocratie régionale comme une mauvaise réponse à la fatigue démocratique du pays.

Deux hypothèses subsistent dès lors.
Où ce que vous dites est faux. C’est-à-dire que nous n’atteindrons pas ces 80% de votre programme lancés ou adoptés au cours de cette séance. Et à ce moment-là, vous commencez ce mandat par un mensonge et un mensonge qui alimentera à son tour le climat de défiance à l’égard de la démocratie, le climat de défiance en général à l’égard de toutes celles et ceux qui sont les représentant·es de nos concitoyen·nes.
Ou alors, votre objectif est tenu. Et à ce moment-là, cela veut dire que d’ici la fin de l’été nous aurons accompli ou presque accompli 80% de votre programme et vous nous promettez quoi, une forme de léthargie gestionnaire où nous devrons pendant 23 séances à l’occasion de 23 trimestres mettre en oeuvre les 20% de résidus de votre programme. Ce qui veut donc dire qu’en réalité, aujourd’hui nous sommes dans la situation où nous ne nous préparons pas au contexte absolument exceptionnel d’incertitudes sur le plan sanitaire, sur le plan climatique, sur le plan social, sur le plan économique et parce que nous aurons voulu tout faire et trop vite nous ne serons pas prêt à affronter les défis qui vont se poser inéluctablement pour la Région Ile-de-France.

Moi je ne vous reprocherai pas d’être candidate à l’élection présidentielle, si vous pensez avoir un projet en capacité de réparer l’état des inégalités et de l’injustice dans ce pays libre à vous et je vous souhaite bonne chance. Ce que je vous reproche, c’est ce simulacre de démocratie auquel nous assistons aujourd’hui. Ce que je vous reproche c’est d’instrumentaliser l’institution régionale à des fins politiques et personnelles.

Et c’est la raison pour laquelle nous défendrons une autre vision de la Région Ile-de-France, de la transition écologique et de l’urgence sociale. Et c’est la raison pour laquelle nous ne voterons pas votre budget supplémentaire.

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