Intervention de Hella Kribi-Romdhane lors de la séance plénière pour le budget 2026.
Madame la Présidente de séance,
Madame la Vice-présidente,
La Présidente de Région et la Première vice-présidente ont pris la parole ces derniers jours dans la presse et sur les ondes pour refuser toute alliance avec le Rassemblement National.
Et pourtant, ce que l’on observe ici et ailleurs, c’est que la droite radicalisée prépare activement sa fusion avec l’extrême-droite. Elle est même déjà activée au Parlement, sur les plateaux, dans votre action politique et dans les programmes.
Pour ce qui est de l’échelon régional, on n’a quasiment plus aucun doute sur le fond comme sur la méthode employée :
- Bafouement de la démocratie régionale et des droits de l’opposition ;
- Subventions à des associations catholiques et en contradiction avec le principe de laïcité auquel vous prétendez être attachée (Laissez-les servir, Marthe et Marie, Réseau des parents). Nous vous le rappelons, la laïcité ce n’est ni l’offense à la foi de nos concitoyens ni la stigmatisation permanente et obsessionnelle des musulmans ;
- Et là un amendement de votre majorité pour forcer les Francilien-nes qui s’engagent dans une formation régionale à exercer quelques années en Ile-de-France sous peine de rembourser leur formation ;
La digue entre la Droite et l’extrême-droite est résolument en train de se fissurer !
Vous dites vouloir agir pour les jeunes, et notamment mettre fin au phénomène des rixes dans nos quartiers. Soutenir les associations locales par des déclarations, c’est bien, leur donner les moyens c’est mieux.
Encore une fois cette année nous constatons la fragilisation des acteurs de proximité par votre majorité. C’est le cas des missions locales transformées en agences de placement alors que leur ADN est d’accompagner les jeunes en les aidant à lever les freins à l’accès à l’emploi. Vous leur faites perdre 66 millions d’euros en 10 ans (soit 160 emplois).
Dans nos territoires, quand il est question de l’usage de la violence par les jeunes (et pas seulement des rixes), il doit être question d’accompagnement, de prévention et de médiation. Des secteurs que vous contribuez à fragiliser.
Nous vous proposons régulièrement des solutions : bien sûr il s’agit de soutenir des associations actives et innovantes dans les territoires. Mais ce n’est pas suffisant. Là où vous avez décidé de supprimer les emplois tremplins il y a 10 ans, nous réitérons, au contraire la priorité qui doit être donnée à l’amplification de la présence de professionnels sur le terrain, dans la rue comme au sein des associations pour prévenir, écouter, accompagner, orienter, faire vivre le lien social et le vivre-ensemble qui se délitent tristement pour laisser place au repli et à la division…
Et oui des médiateurs devraient pouvoir être financés par la Région dans nos villes comme nous le proposons depuis des années.
Là où les départements de droite suppriment la prévention spécialisée c’est à dire la présence d’éducateurs de rue dans les quartiers (comme cela est le cas dans mon département l’Essonne cette année), nous, à gauche, nous voulons renforcer le travail des professionnels sur le terrain aux côtés des jeunes et des familles. C’est ce travail qui permettra d’empêcher toutes les formes de conduites à risque, en particulier l’usage de la violence, les trafics en tous genres, les consommations de produits qui se diversifient avec le spleen ou le protoxyde d’azote. Aucune réduction de crédits ni aucune brigade régionale de sécurité ne peut assurer cette mission.
Vos équipes d’Oriane ont d’ailleurs été particulièrement sensibles à cette demande et ne ferment pas la porte à un tel dispositif. Depuis plusieurs années, nous déposons des amendements en ce sens. Et, par dogmatisme, vous les refusez toujours. Si vous faites le choix de ne pas écouter votre opposition, tâchez d’entendre au moins les acteurs de terrain.
Revenons-en au budget pour 2026.
– 143 M€ sur le secteur de la formation professionnelle, on est revenu au niveau du budget de 2015 ! Vous coupez tous les dispositifs d’aides au retour à l’emploi.
L’objectif est de protéger plutôt que d’amplifier la fragilité de certain·nes Francilien·nes en impulsant une action publique courageuse, innovante et adaptée aux besoins réels des Francilien-nes, pas uniquement d’adapter notre offre aux exigences des entreprises. Vous avez tous les leviers d’actions, et la manne financière pour le faire.
Notre région a le devoir légal d’accompagner, de former et d’inclure par l’emploi et la formation les demandeurs d’emploi ; pas de les exclure davantage !
Alors faites-le !