Roberto Romero réaffirme notre opposition à la mise en concurrence des transports publics

A

Monsieur le Président,

Nous ne pouvons qu’être d’accord avec ce qui a été dit par nos collègues Guillaud-Bataille et Garnier. Vous l’avez dit vous-même, il faut écouter jusqu’au bout et certains personnages politiques qui ont eu dans leur vie des parcours particuliers et on ne sait pas trop comment cela se termine à la fin. Il faut toujours faire attention à ce que l’on raconte sinon il peut y avoir des confusions. Comme vous le voyez, cela peut arriver à gauche comme à droite.

De fait, je suis d’accord avec ce qui a été dit par mes collègues d’opposition de gauche, tant sur la question des salaires ou des conditions de travail, que sur les éclairages des décisions prises qui sont des carences aberrantes dans le projet qui est proposé par la région.

J’avoue en plus m’étonner que l’exécutif de la Région participe lui-même à la privatisation des transports alors qu’il s’agit d’une compétence obligatoire de notre institution. Il y a une contradiction majeure tout de même de vouloir d’un côté un approfondissement de la décentralisation et ensuite une privatisation de cette même compétence. Bien évidemment, une privatisation des transports publics implique de fait un affaiblissement de la région et de son pouvoir sur l’action qu’elle peut mener parce que le nombre d’acteurs deviendra plus difficile à gérer et que les rapports de forces ne seront pas forcément de notre côté. Allons-nous continuer dans ce sens-là ? Mon collègue Ludovic Toro tout à l’heure invitait à régionaliser la médecine scolaire. Si à la fin c’est pour la privatiser et bien je pense que ce n’est pas une bonne idée.

Vous créez par ailleurs des brigades de sécurité alors que ce n’est pas de notre compétence et vous voulez de fait abandonner la compétence transports publics via cette privatisation. Vous enclenchez de fait un recul démocratique en privant les Franciliennes et Franciliens de leur capacité à peser sur les choix des transports publics qui de fait leur appartiennent et que vous vous apprêtez à brader pour que des intérêts privés décident à leur place. Ce n’est d’autant plus inacceptable que les expériences passées à l’étranger, Britannique notamment, montrent avec éclat que l’État a dû voler au secours des sociétés privées pour sauver le rail à la vue de leur incapacité à proposer des offres adaptées aux besoins des populations. Ainsi, nous nous apprêtons non seulement à payer les deux fois cinq milliards pour privatiser et encore un montant, tout à fait inconnu, pour réintégrer plus tard les transports publics une fois que le secteur privé se sera d’une part gavé, et d’autre part aura échoué. La facture sera double. Qui devra la payer ?

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