Schéma régional ESR : Rien contre la précarité étudiante et des mesures hors-sol pour Hella Kribi-Romdhane

A

Monsieur le Président,

Monsieur le Vice-Président, 

Je regrette que la Présidente qui nous a fait la présentation ne soit pas là pour entendre les réponses d’autant que ce Schéma rappelle tristement une loi qu’elle a porté contre laquelle je me suis fortement engagée dans les années 2000 en tant que représentante étudiante donc j’aurai bien aimé lui en toucher un mot. 

Ce schéma est décalé, c’est le premier mot que cela inspire.

Grande impression de décalage même, parce que le constat initial est loin de la réalité de ce que vivent les étudiants, les jeunes en formation, les chercheurs, les enseignants-chercheurs dans notre région.

Oui « les études ont un coût »,
Oui le fait d’occuper un emploi étudiant pendant ses études est une entrave à la réussite des études,
Oui, l’accès aux formations les plus sélectives est plus difficile pour les jeunes issus de classes populaires que pour les enfants de cadres supérieurs (quand la porte ne leur est pas totalement fermée).

A cette découverte des inégalités sociales, on s’aperçoit d’une nouvelle révélation de votre part : la précarité étudiante. Pour vous, et je vous cite page 16, “la crise liée à la pandémie du covid a mis en lumière, renforcé ou déclenché certaines fragilités chez les étudiants, qu’il s’agisse de précarité matérielle et alimentaire ou de fragilité psychologique”. 

Et de nouveau, gros décalage. 

La précarité étudiante n’est pas un épiphénomène, on ne la découvre pas suite à la pandémie, c’est un fait structurel majeur qui touche les étudiant.es et que la pandémie a simplement exacerbé, mis en lumière. Aujourd’hui, avec une inflation des coûts de la vie étudiante de plus de 8% sur un an, 2 étudiants sur 5 sautent des repas faute de moyens et on voit les files d’attente s’agrandir toujours plus lors des distributions alimentaires des associations. Et que propose la région ?
– Une banque des jeunes pour les endetter, pour endetter les plus précaires qui essayent de vivre à peu près dignement,
– 1000 contrats étudiants (pour un effectif total de 729 000 étudiants)
– et un fonds de solidarité sur lequel on n’obtient aucune information et dont le périmètre reste encore très flou.

Sur la question de la transition écologique, c’est un peu la même histoire. Vous vous inscrivez dans les propositions des 1000 fontaines de notre collègue Yann Wehrling dans le plan d’adaptation puisque pour l’ESR ça sera l’organisation d’une “conférence régionale des initiatives pour le climat”, un guide et l’invitation aux établissements d’enseignement supérieur à désigner des éco-délégués. Je crois que c’est exactement ce qu’on appelle du greenwashing. 

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